Gros plan sur le kir

En été ou en automne, à Pâques comme à Noël, le kir est le roi de l’apéritif festif. Léger, sucré et fruité, il est aussi facile à aimer qu’à siroter. On vous dit tout sur le kir, son histoire riche en couleur et ses variantes disputées… à consommer avec modération, bien sûr !

Le kir en bref

Servi en apéritif ou en cocktail, le kir est un mélange de vin blanc et de crème de cassis venu de Bourgogne. La recette dijonnaise traditionnelle, appelée à l’origine « Blanc Cassis » ou « Blanc Cass’ », a conquis les cafés de la ville à la fin du 19e siècle. Elle est ensuite devenue l’apéritif officiel des réceptions municipales en remplacement du champagne… pour des raisons économiques selon certains, pour sa saveur selon les autres !

Quelle qu’en soit la raison, elle séduisit le député-maire Félix Kir. Ce chanoine, ex-résistant devenu homme politique et chevalier de la Légion d’honneur, conserva la tradition apéritive bourguignonne. Sa personnalité haute en couleur fit le reste et acheva de populariser la boisson à laquelle il offrit officiellement son nom. On raconte que le chanoine en voyage cachait dans son cabas une bouteille de vin et une autre de crème de cassis, toujours prêt à servir un verre à ses voisins. 

Quel vin dans mon kir ?

Le kir, le vrai, se prépare avec un vin de Bourgogne aligoté. Doux, épicé et légèrement acide, il se marie parfaitement avec la saveur sucrée de la crème de cassis. Pas question de choisir n’importe quel vin blanc, donc ! Même principe pour la crème, les puristes vous diront que le vin blanc aligoté ne peut s’accompagner que de crème de cassis à 16°.

Quant à la recette de tradition, elle est simple : un tiers de crème, deux tiers de vin pour une version douce, un quart de crème et trois quarts de vin pour une version moins sucrée. Le résultat doit être légèrement rosé dans le verre avec une note principale délicatement fruitée. Tous les goûts sont cependant dans la nature et certains préfèrent une crème de cassis à 20° ou une couleur franchement framboise… À vous de choisir, en gardant à l’esprit que la crème de cassis augmente la teneur en alcool et en sucre du cocktail.

Des kirs pour toutes les occasions !

On l’a dit, les puristes estiment que le kir n’a qu’une recette. Vous en trouverez pourtant une ribambelle qui n’ont plus grand-chose à voir avec la Bourgogne. Le principe ? Remplacez le vin blanc aligoté par un autre blanc acidulé et fruité, par un rosé ou même un rouge. Vous pouvez également ajoutez une autre liqueur pour enrichir la saveur. Ou pourquoi pas remplacer la crème de cassis par une crème de mûre, pêche, fraise, framboise… Changez de recette à chaque occasion pour vous forger votre opinion !

  • Le kir royal, parfois appelé Téméraire ou Grand-Ducal, remplace le vin blanc aligoté par un vin blanc effervescent type crémant de Bourgogne ou champagne.
  • Le kir impérial remplace la crème de cassis par de la mûre ou de la framboise et le vin blanc par du champagne.
  • Le communard ou cardinal remplace le vin blanc par un rouge. Il s’agit de Pinot pour un cardinal, de Beaujolais, Bordeaux, vins de Pays du Gard ou autre pour le communard, tant que le vin ne dénature pas le cassis.
  • Le Marcassin remplace la moitié de la crème de cassis par du marc de Bourgogne, une eau-de-vie de raisin.
  • Le kir savoyard remplace le Bourgogne par un vin blanc de Savoie, type Roussette ou Apremont.
  • Le kir celtique utilise plutôt du chouchen…
  • Le kir normand, lui, ajoute un trait de calvados au cocktail.
  • Le kir lorrain utilise de la liqueur de mirabelle à la place de la crème de cassis.
  • Le kir ardéchois lui substitue de la crème de châtaigne.
  • Le kir breton remplace le vin blanc par du cidre, associé à une crème de fruit qui n’est pas forcément du cassis.
  • Le kir médocain remplace le vin blanc par du vin rosé.
  • Le kir provençal, ou kir soleil, combine un vin rosé avec du sirop de pamplemousse. Rien, à voir avec le kir, mais parfait en été !
  • Le Double K, créé pour la rencontre entre le premier secrétaire du parti communiste russe Nikita Khrouchtchev et le chanoine Kir, ajoute un trait de vodka dans le kir.

Vous aimerez aussi